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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 11:17

end of route 66 Santa Monica beach L.A. 

Le Harley's café me semblait désert depuis que Jimmy était reparti. De longs mois s'étaient écoulés et il ne donnait pas de nouvelles. Souvent je contemplais le tableau accroché au mur, représentant la route 66 traversant l'Arizona et j'y cherchais la silhouette de Jimmy, mais elle avait disparu elle aussi

 

(l'histoire débute ici :  Harley's café )

 

Jimmy me manquait. Peu à peu, son rêve d'Amérique était devenu mien, et je regrettais chaque jour de ne pas l'avoir suivi. 

 

Un jour de pluie plus gris que les autres, n'y tenant plus, je pris la décision. M'évader, partir, partir là-bas, au pays de la démesure et des extrêmes. Retrouver Jimmy et vivre son rêve, mon rêve, notre rêve..en panoramique et en technicolor. On the road again....


LOS ANGELES - California

 

La ville tentaculaire s'offre à mon regard tout neuf et je me dis que jamais je ne retrouverai Jimmy dans cette immensité qui n'est qu'une minuscule tâche blanche sur la carte du grand ouest. Seul le hasard et le dieu des Harleys peuvent me venir en aide.

 

Je me renseigne sur le point de chute de la route 66 et l'on m'indique la plage de Santa Monica. Cet endroit transpire le snobisme et je n'imagine pas Jimmy avoir flâné parmi toutes ces fashion victims. Mais, un panneau le long de la plage me confirme que je suis sur le bon chemin : "west end of route 66". C'est donc ici que tous les bikers amoureux des grands espaces ont dû atterir, un jour ou l'autre. Petit coup au coeur, émue.

 

A quelques centaines de mètres de Santa Monica, Venice beach. Contraste étonnant. Lieu mythique des anciens hippies, le temps semble s'être arrêté à la fin des années soixante. Les "green doctors" m'interpellent en m'offrant de la marijuana pour soigner tous mes maux...Des paumés en haillons gesticulent et se parlent à eux-même. Je trempe un pied dans le Pacifique, l'eau est glaciale. Sur la plage, des corps body-buildés font l'attraction, espérant attirer l'attention d'un magnat de Hollywood. 

 

Hollywood ! Comment l'éviter ? Bien sûr, je n'y trouverai pas Jimmy, ce n'est pas sa tasse de thé. Mais la curiosité me pousse et quelques kilomètres plus loin, je me retrouve sur l'avenue qui sépare Beverly Hills et Hollywood. A gauche, pas un grain de poussière ne vole, aucun bus, aucun fil électrique visible. Juste des villas toutes blanches, haut perchées sur la colline, toutes plus baroques les unes que les autres, nichées au milieu des palmiers et des séquoïas. Sur le bord de l'avenue, on me montre la dernière demeure de Marilyn...la plus petite villa de Beverly, presque minable, aux murs rose layette.

 

Marilyn...baby doll qui croyait au message des étoiles, poupée cassée par les hommes de pouvoir...Son tombeau est creusé dans une falaise. Deux corps l'accompagnent, l'un au dessus, l'autre en dessous d'elle. On raconte qu'un homme, toujours vivant, a offert trois millions de dollars à la veuve du mort du dessus, pour prendre sa place lorsqu'il mourra à son tour. La veuve a accepté...

 

sunset-boulevard.jpgDe l'autre côté de l'avenue, à droite, le village de Hollywood, beaucoup moins chic, même un peu cradoc, mais tellement vivante et colorée ! J'y pénètre avec un certain amusement et me glisse au sein d'une foule bigarrée et excentrique. J'esquisse quelques pas sur le Sunset boulevard. Toutes les étoiles du cinéma se déroulent sous mes pieds et un peu sur le côté, devant le théâtre chinois, les empreintes des mains de célébrités y sont gravées dans le béton, à jamais. Je salue Fred Astaire au passage.

 

Là-haut, sur la colline, les lettres de Hollywood clignotent au soleil. On dit que ces lettres ont grand besoin de restauration mais les producteurs et cinéastes refusent de payer pour cela. Alors les stars ont pris la relève. J'apprends avec sourire, que David Bowie a été le premier à offrir quelques dizaines de milliers de dollars pour réparer le "H"....

Folle Hollywood !

 

Cette rapide escapade au sein de l'illusion de gloire, m'incite plus que jamais à fuir ce délire pour rejoindre la sauvage simplicité de Jimmy. Son crédo se définit en trois mots : authenticité, liberté, grands espaces. Demain, je poursuivrai ma route vers le Grand Canyon...

 

Bye bye L.A. !

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Par louv' - Publié dans : aventure - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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